Persécution des chrétiens sous Dioclétien, empereur romain

Ce qui s’est passé sous l’empire de Dioclétien, entre 284 et 305 après J.-C., a été la plus grave persécution des chrétiens de toute l’histoire de l’Empire romain. Les droits légaux des chrétiens ont été réduits puis révoqués par quatre édits ; le persécuteur le plus féroce était l’empereur romain Gaius Aurelius Valerius Diocletian. En quoi s’agit la persécution de Dioclétien ? C’est la question.

Avant Dioclétien

Au cours des deux premiers siècles après Jésus-Christ, la communauté chrétienne était considérée comme une société secrète et illégale. Une société aux objectifs révolutionnaires qui a réuni magiciens et cannibales. Ce profil a d’abord suscité l’hostilité populaire. Il y a eu des actions sporadiques et non violentes.

Les chrétiens étaient considérés comme des mineurs de costumes traditionnels et de fêtes publiques d’origine romaine. Alors que les chrétiens s’éloignaient des fonctions publiques, les familles étaient déchirées de l’intérieur par l’intérêt florissant pour le culte du Christ. Au troisième siècle, la persécution s’est intensifiée. Entre-temps, le christianisme, d’abord enraciné dans les classes inférieures, a commencé à s’étendre à toutes les classes sociales.

La persécution de Dioclétien des chrétiens 

En 202 après J.-C., l’empereur Septime Sévère (en fonction de 193 à 211 après J.-C.) a publié un décret interdisant la conversion au christianisme et au judaïsme. Maximinus le Thrace, empereur de 235 à 238 après J.-C., persécute les dirigeants chrétiens. Dèce, empereur de 249 à 251 après J.-C., poursuit l’opération anti-chrétienne : les sujets doivent prouver qu’ils ne sont pas chrétiens et offrir un sacrifice aux dieux ; les chefs de l’Église seront arrêtés, jugés et exécutés.

L’empereur Valérien a ensuite publié un nouvel édit de persécution indiquant l’exil et la condamnation aux mines comme punition pour les chrétiens. En 258 après J.C., Valerian publie également un second édit qui introduit la peine de mort contre cette communauté religieuse.

Le vent a tourné avec son fils Galen qui, de 260 à 300 après J.-C., a rendu possible la “petite paix de l’Eglise” : il y a eu 40 ans de liberté pour les chrétiens jusqu’à l’empire de Dioclétien. Le précédent empereur Aurélien a en effet catalysé le thème sur le culte de lui-même.

Persécution de Dioclétien : L’escalade de la haine

Dioclétien est couronné empereur à la fin du mois de novembre 284 après J.-C. Contrairement à Aurélien, il n’a pas choisi de promouvoir son propre culte, mais est revenu se référer à celui du Panthéon et des dieux païens. Il s’est notamment associé à Jupiter, chef du Panthéon lui-même, et a d’abord fait preuve de tolérance envers les chrétiens.

L’historiographie romaine identifie la figure du co-empereur Galère comme le moteur qui a enflammé et alimenté la haine ultérieure de Dioclétien envers les chrétiens. Galerius était en fait un fervent anti-chrétien et païen, fils d’une prêtresse panthéiste sous l’empereur Dèce. Alors qu’en l’an 302 à Antioche, dans l’actuelle Turquie, le diacre romain a été arrêté puis exécuté, Dioclétien a interdit aux chrétiens l’accès aux bureaux administratifs et militaires afin d’apaiser les dieux.

Lorsque l’oracle d’Apollon a confirmé l’existence du “mal sur Terre”, c’est chez les chrétiens que ce mal a été identifié. Puis la persécution universelle a commencé.

Persécution de Dioclétien : persécution universelle des chrétiens en 4 édits

Le premier décret a été publié en février 303. La règle : elle s’en prend aux biens et aux représentants religieux ; elle impose la destruction des écritures chrétiennes, des livres liturgiques et des lieux de culte ; elle interdit les rassemblements ; elle interdit le droit de recours aux tribunaux. Dans le même temps, les sénateurs, les équites, les décurions, les vétérans et les soldats ont été privés de leurs rangs et les affranchis ont été transformés en esclaves.

Bien que Dioclétien ait appelé à agir “sans effusion de sang”, de violentes persécutions ont eu lieu dans les provinces proches et éloignées de Rome.

Le deuxième édit, en été 303, a imposé l’arrestation et la détention d’évêques et de prêtres. L’historien Eusebio parle de prisons pleines au point de devoir libérer les criminels de droit commun.

Le troisième décret a été publié le 20 novembre 303. C’est ce qu’on a appelé une amnistie générale. Chaque prêtre, c’est-à-dire, serait libéré s’il acceptait de faire un sacrifice aux dieux.

Cet acte n’avait aucune valeur symbolique : il a conduit à la stratégie consistant à créer une population de renégats chrétiens, par peur, douleur et difficultés dans les prisons, et à diviser ainsi la communauté.

Le dernier acte a été rendu public au début de l’année 304. Les chrétiens étaient obligés de se rassembler et de faire un sacrifice commun. Ils seraient exécutés s’ils refusaient.

La persécution de Dioclétien a duré jusqu’à la démission de Dioclétien en 305. Elle a été définitivement interrompue par l’édit de Milan par lequel Constantin, en 313 après J.-C., a donné la liberté de culte à tous les citoyens, y compris les chrétiens. Chacun a pu vénérer ses propres divinités.

On estime que la persécution a causé la mort d’environ 3 500 citoyens romains et non romains. Beaucoup d’autres ont été – dans les années de Dioclétien et au-delà – persécutés, torturés et détenus.